1. Un marché structurellement différent
Le marché immobilier polynésien ne fonctionne pas comme un marché métropolitain. La Polynésie française est un territoire insulaire, à 17 000 km de la France, avec une économie propre, une démographie contrainte et un foncier rare. Ces caractéristiques créent un marché à part, avec ses propres cycles, ses propres déséquilibres et ses propres opportunités.
L'île de Tahiti concentre l'essentiel de l'activité économique et immobilière du territoire. C'est là que se trouvent les emplois, les administrations, les commerces — et donc la grande majorité des transactions. Moorea et les autres îles représentent un marché complémentaire, avec des dynamiques spécifiques liées au tourisme et à l'expatriation.
Le territoire dispose d'une superficie terrestre limitée, une grande partie étant montagneuse ou classée. Les zones côtières constructibles, les plus recherchées, sont rares et très disputées. Ce facteur structurel explique en grande partie la résilience des prix sur le long terme — même en période de ralentissement économique, les biens bien situés ne perdent pas de valeur.
2. Les tendances en 2026
En 2026, le marché polynésien est orienté à la hausse. Plusieurs facteurs convergent pour soutenir les prix et maintenir une demande active, malgré un contexte de taux d'intérêt toujours élevés à l'échelle mondiale.
Les biens en bon état, bien situés, continuent de se valoriser. La pression à la hausse est particulièrement marquée dans les communes prisées comme Punaauia, Pirae et Arue.
Le nombre de biens disponibles à la vente reste faible par rapport à la demande. Les acheteurs sérieux doivent agir vite — les bons biens partent rapidement.
Les primo-accédants locaux, les familles en déménagement et les fonctionnaires en mutation constituent la base de la demande — une demande stable et prévisible.
L'investissement locatif reste attractif, notamment grâce aux dispositifs de défiscalisation disponibles en Polynésie française et à des rendements locatifs supérieurs à la métropole.
Le délai de vente moyen — entre la mise en marché et la signature de l'acte authentique — reste de 3 à 9 mois selon les communes et les typologies de biens. Les biens correctement estimés et bien présentés se vendent significativement plus vite que la moyenne.
3. Les segments les plus actifs
Toutes les typologies ne se comportent pas de la même façon. En 2026, trois segments concentrent l'essentiel des transactions et de l'appétit des acheteurs.
Terrains
La demande de terrains constructibles est forte, portée par des acheteurs qui souhaitent faire construire leur résidence principale. Le terrain reste souvent la seule façon d'accéder à une maison individuelle dans un budget maîtrisé. Les terrains en lotissement avec accès direct, VRD faites et vues dégagées sont les plus disputés — et se négocient peu.
Maisons & Villas
Le marché des maisons individuelles est le plus dynamique. Les familles, les fonctionnaires en mutation et les cadres locaux recherchent activement des maisons de 3 à 5 chambres, avec jardin, garage et vue si possible. Les biens en bon état, prêts à habiter, génèrent plusieurs visites dès les premières semaines. Ceux qui nécessitent des travaux importants demandent plus de temps pour trouver preneur, sauf prix ajusté.
Appartements
Le marché des appartements est porté par les primo-accédants, les célibataires et les investisseurs locatifs. La demande se concentre sur les T2 et T3 bien situés, proches des axes routiers et des services. Les appartements de standing (résidences sécurisées, piscine, vue mer) séduisent également une clientèle de cadres ou d'expatriés.
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Parler à un agent Cabinet LEVY4. Disparités entre communes
Le marché tahitien est loin d'être homogène. D'une commune à l'autre, les prix, les délais et la tension du marché peuvent varier considérablement. Voici les grandes lignes à retenir.
- Punaauia / Paea — Le secteur le plus recherché de l'île. Cadre de vie réputé, commodités, écoles internationales. La pression à la hausse y est la plus forte, avec peu de biens disponibles et des acheteurs nombreux.
- Pirae / Arue — Communes résidentielles proches de Papeete, très prisées des cadres et fonctionnaires. Marché soutenu avec de belles villas en hauteur et des appartements en résidence.
- Papeete centre — Marché mixte résidentiel et commercial. Fort potentiel locatif pour les appartements. Quelques belles adresses en hauteur avec vue sur le lagon.
- Faaa — Commune la plus peuplée de Polynésie. Offre variée, prix plus accessibles. Demande soutenue côté appartements et maisons d'entrée de gamme.
- Côte Est (Mahina, Papenoo, Tiarei…) — Biens plus espacés, cadre nature, prix significativement plus bas. Attire les acheteurs cherchant l'espace et le calme à budget raisonnable. Délais de vente plus longs.
- Moorea — Marché distinct, influencé par le tourisme et l'expatriation. Forte demande pour les villas avec vue et les biens en bord de lagon. Clientèle métropolitaine et internationale présente.
5. Financement et taux en Polynésie
Les banques locales (Banque de Polynésie, Socredo, BNP Paribas Polynésie…) proposent des crédits immobiliers aux conditions du marché. Les taux pratiqués en Polynésie suivent globalement les tendances métropolitaines, avec parfois des conditions spécifiques au territoire.
Le prêt à taux zéro (PTZ) est accessible en Polynésie française pour les primo-accédants sous conditions de ressources — un avantage à ne pas négliger pour constituer un apport complémentaire. Les dispositifs de défiscalisation locaux (loi Flosse, régime Pinel adapté…) offrent également des opportunités pour les investisseurs.
En plus du prix du bien et des frais de notaire (environ 7% + émoluments), prévoyez les frais d'hypothèque ou de PPD (privilège de prêteur de deniers) si votre achat est financé par crédit. Leur montant dépend du capital emprunté — votre notaire ou votre banque peut vous en donner une estimation précise.
6. Perspectives pour la suite
Les fondamentaux du marché polynésien restent solides. La rareté du foncier, la croissance démographique à Tahiti, la demande constante des fonctionnaires en mutation et l'attractivité du territoire pour les investisseurs sont autant de facteurs qui soutiennent les prix sur le moyen terme.
Le principal risque reste lié aux taux d'intérêt : une hausse significative peut ralentir les primo-accédants et réduire temporairement les volumes de transactions. Mais sur le fond, la rareté de l'offre en biens de qualité maintient la pression haussière — en particulier dans les communes les plus recherchées.
Pour les vendeurs, 2026 est une bonne année pour mettre en marché — à condition d'être accompagné par une agence qui connaît réellement les prix pratiqués, pas seulement les prix affichés. Pour les acheteurs, agir rapidement sur les bons biens est plus que jamais la règle.
